MARC MOULIN était un de mes parrains artistiques.
Un conseiller avisé, un homme raffiné à l'humour ravageur, un grand esprit à la stature imposante.
Sa participation à mon album 'Hotel Impala' fut une de ses dernières en date.
A mes yeux, elle témoigne surtout de son éclectisme, de sa profonde humilité artistique, son besoin de comprendre les autres artistes et la façon de concevoir leur musique.
Nous n'avons pas fait que sampler sa musique, nous lui avons rendu un hommage vivant.
En nous autorisant l'utilisation de "Balek", Marc nous a donné sa bénédiction. Me demandant sous cet air faussement détaché de rectifier l'histoire de ce titre inachevé selon lui en rejouant les parties de cuivres. Et de mon côté, je lui demandais d'y rajouter des claviers, avec son superbe Hammond B3.
Et, entre les sessions d'écoute où je redoutais son jugement sur notre relecture de son titre, il me racontait ses rencontres historiques, les enregistrements de ses chef-d'oeuvres, sa perception de la musique, de la littérature et des jonctions entre ses 2 passions.
Nous étions les 2 derniers artistes francophones du label EMI Belgium et j'étais fier d'être à ses côtés sous la houlette de Gilbert Lederman.
Définitivement, rien ne sera plus comme avant.
Je lui rendrai hommage avec l'aide de Luigi prochainement, très prochainement.
Car l'histoire de la musique a la mémoire courte avec ses légendes. Les journaux télé d'hier ont déjà réduit sa carrière à des titres mineurs et des projets secondaires.
Hors, il a réellement révolutionné le jazz et l'électro mais aussi la place des claviers dans la musique moderne en générale, tel un certain Herbie Hancock, dont il était grand fan.
Toutes nos condoléances à sa femme, Laurence, et ses enfants, Corinne et Denis.
D'autres hommages via:
Lesoir.be