08/09/07
Nous venons juste de finaliser le montage du second titre filmé entre Lubumbashi et Ostende avec des inserts visuels de Pablo, et à la production du clip, à nouveau l'équipe de Caviar et le capitaine Kurt. Pour être honnête, j'ai eu longtemps peur de voir les images car le taff de Nicolas Karakatsanis (le chef opérateur) était tellement fantastique sur 'Congo' que, malgré l'enthousiasme de Kurt, j'avais des doutes, de sérieux doutes même. Même si on savait dès le départ qu'on ne pourrait pas reproduire le côté monumental de 'Congo' et que de fait, l'on devait partir sur des bases plus classiques.
Le clip 'Congo' était un travail d'équipe, sans réel script (hormis mon idée de marquer une différence visuelle entre chaque parties ; en forme de tryptique). Je me suis rarement senti aussi bien devant une caméra, et puis Nicolas a eu des idées terribles comme celles des danseurs dans le supermarché, les closes-up nerveux de l'intro à la David Finscher... Dans l'intervalle, le mec réussit à prendre 1200 photos entre les shooting et les repérages, et du coup me faire changer les photos du livret de la cover de l'album prête depuis février (Gilbert - le chef de projet a fait preuve d'une patience sans égale à mon égard sur ce coup ! merci !). Les photos du livret initial ont été shootées en janvier dernier avec Pablo, Recto (the one and only, checker www.espaceuhoda.be/fr/gallery/artists/Plateus/index.html) et Alice à coup de matos fabriqué pour l'occase comme des drapeaux, des tapis, des pochoirs, mais dans un hotel... bruxellois. Même si le résultat était concluant et impressionant (certaines sont utilisées dans le livret et dans la rubrique paroles du site), les photos prisent à l'Hôtel Karavia avaient en plus de leur valeur affective, une émotion unique, un cadre et une architecture surréalistes, un jeu d'ombre et de lumière, des cadrages qui m'ont complétement bluffé. Pourtant, nous avions également dans l'équipe la photographe de renom, Marie-Francoise Plissart, dont j'ignorais l'existence avant d'aller visiter son expo au Bozar sur « Kinshasa, la ville invisible » et ce fut le choc ultime ! 2 clichés m'ont particulièrement marqué, l'un étant sur « La Semence », un montage sur les écriteaux religieux sur les devantures des batîments (commerces, cafés, salons, centres téléphoniques..) qui se traduit comme la confusion de l'église et de la publicité ou de la place « des religions » dans la vie sociale kinoise. Mais ce sont surtout ses portraits sur les enfants sorciers dont les parents et la société ont abandonné et parqué dans des églises en ruine en guise d'orphelinat qui m'ont ému (l'affiliation avec mon nom aidant !). A l'époque, j'ai voulu très vite la rencontrer et en me présentant, elle m'a répondu : comment va tu ? tu es bien rentré ? elle me confondait avec mon cousin Sammy Baloji... avec qui, elle avait travaillé lors de son séjour à Lubumbashi et avait parrainé son travail photo sur la Gécamines ici en Belgique et un peu partout dans le monde. Sammy avait d'ailleurs exposé à La Cambre, quelques mois auparavant... et il m'y avait invité ! J'adore son travail et son approche de déconstructions par montage/collage photos, démystifiant la colonisation, la Gécamines et d'autres fondements de la culture congolaise (on en reparle dans un prochain blog ou checker view magazine #2!). Je n'avais évidemment pas rencontré l'initiatrice du projet chez qui il logait d'ailleurs comme il me l'avait proposé. Marie-Francoise est une femme d'exception ! Le titre « Congo » lui parlait comme le concept de mon disque, mais c'était surtout l'histoire des sorciers qui l'a convaincu à me suivre à Lubumbashi entre 2 projets d'expo. Mais rien à faire, le boulot de Nico était le plus poignant !
Pour en revenir au clip, en rentrant, je m'étais juré de ne plus tourner qu'avec lui (!) mais pour des raisons de budget et de planning (pour faire simple !), il n'a pas rempilé pour « De l'autre côté de la mère ». L'idée de départ était que nous voulions tourner sur les berges d'un lac à Lubum et sur les dunes d'Ostende pour faire le lien (très premier degré) avec le nom du morceau mais aussi en référence directe à Marvin Gaye et le documentaire de 1981 : « Transit Ostende ». Pour l'occase, avec Kurt, nous avons rencontré le réal du film : Richard Olivier. Même si ce fut une demi-déception, j'ai été fier d'avoir sa « bénédiction » pour utiliser le titre de son film dans mon disque et de faire le lien avec l'histoire de mon père. Mais le sentiment que je garde de cette rencontre, qui a tourné au monologue plombant de plus de 2 heures, c'est que 20 ans après son film, il en était encore hanté et j'ai trouvé ça terrifiant et pathétique à la fois. Au final, mes passages préférés du clip sont ceux d'Ostende...
Même si je ne suis pas entièrement satisfait du clip (sachant que l'on a commencé à bosser dessus début juin et qu'on l'a livré 4 mois plus tard). Mais j'ai beaucoup appris gràce à cette expérience. Nous n'avons pas gardé toutes les scènes. Celles avec les choristes : Steve Kashala aka Stevie, entouré de Miss Aline de www.tamechotam.net et de l'incendière Miss Desta Hallé), aussi celles du band complet (Peter Lesage aux keys, mon pote Gaetan Celi de chez Caroline Music à la gratte et mes amis fidèles que sont papa Didier Likenge et Pat Dorcean à la section rythmique, le tout complété d'une section cuivres, d'un smoking loué pour l'occase, des portraits de femme faits à Lubum... Aucune de ces images ne sont dans le clip actuel. C'est pas « Lost in la mancha » de Terry Gilliam (www.imdb.com/title/tt0308514/) mais c'est un long processus jonché de compromis et de malentendus. J'attends vos avis avec impatience !
En attendant, on va de l'avant ! Le clip « Coup de gaz » est à mettre en route et j'ai hâte, car une chose est sûr, je ne reproduirai pas 2 fois les mêmes erreurs !
A la semaine prochaine sans faute !!!



